En France : Patrick Blanc : la verdure investit les murs

Patrick Blanc ? Il est tout vert. De la pointe des cheveux jusqu’au bout des ongles. Le botaniste, chercheur au CNRS, est devenu la star international du jardin à la vertical.

Difficile de les manquer. Les murs de Patrick blanc s’exposent aux vents mais aussi aux regards des passants des deux côté de la planète. A Paris, depuis l’été 2004, la façade du musée du Quai Branly s’est parée d’un tapis de verdure. 12000 plantes de 200 espèces différentes venues des quatre coins du monde ont investi le mur. Patrick Blanc y passe régulièrement pour tailler quelques pousses et observer son œuvre grandir. Un peu partout dans l’Hexagone, ses tableaux végétaux colonisent la pierre. Des lieux prestigieux comme la Fondation Cartier ou la cour de l’hôtel “Pershing Hall” mais aussi des espaces plus ordinaires : parkings, logements sociaux, cheminées. Le square Vinet à Bordeaux détient la plus longue réalisation : un mur végétal de mètres de long (et 4 de large). En Avignon, halles et parking portent la griffe du botaniste. Lyon a aussi son mur…tout comme Bruxelles Istanbul, Gênes, New York, Osaka, Madrid, Sydney…

J’ai commencé très tôt à m’intéresser aux plantes, raconte Patrick Blanc. Petit, j’en mettais dans mes aquariums pour purifier l’eau. Ado, j’ai investi le mur du jardin de mes parents à deux pas de Paris pour faire mes premières expériences.” Patrick a donc choisi cette voie pour ses études qu’il réussit plutôt bien. En quelques années, à coups de thèse et de voyages, il devient chercheur au CNRS, spécialiste des espèces de sous-bois des forêts tropicales. Il parcourt le monde pour découvrir les stratégies développées par les plantes pour s’adapter à n’importe quel climat. “Certaines peuvent se développer avec moins d’1% de lumière, explique le chercheur. Leur architecture morphologique et physiologique pour survivre est fantastique !” Chaque fois qu’il repasse chez lui, fort de ses nouvelles observations, il améliore sa culture de haut en bas. Le système actuel est bien rôdé : deux couches de feutre agrafées sur des plaques de PVC et fixées sur un cadre métallique. Des plantes enracinées dans une petite poche dessinée au cutter, un système d’arrosage automatique et le tour est joué. Reste à l’artiste botaniste à choisir les plantes adaptées. En haut, des espèces de montagne ou de falaises, des arbustes vigoureux. En bas, des plantes de sous-bois : mousses, fougères, violettes…

Aujourd’hui son brevet a fait le tour du monde. On réclame le spécialiste de la Belgique au Qatar. Chaque mur est une composition originale. En fonction de l’orientation, des vents, des exigences de la région. Mais aussi selon les goûts et les dernières trouvailles botaniques de l’artiste. Depuis 1994 et le festival des jardins de Chaumont qui a porté son travail sur la place publique, le créateur n’est plus seulement un botaniste de renom, c’est surtout le génie de la culture verticale. L’homme qui verdit et humanise la ville. Dans la rue, on l’arrête pour le remercier de ses touches de vert. Pour oser réhabiliter la biodiversité dans la cité.

www.murvegetalpatrickblanc.com

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