Ailleurs dans le monde : Augustenborg (Suède), suspendre les jardins pour faire reprendre la vie

À l’Est de Malmö (Suède), le quartier d’habitat collectif Ekostaden Augustenborg se modernise. Depuis dix ans, on remonte les bâtiments en même temps que le moral des habitants. La vie repart notamment sur les toits où se trouve un vaste jardin suspendu...

Sortir la tête de l’eau, c’est peut- être ce qui pourrait définir le mieux le projet de rénovation de ce quartier. Fréquemment inondé, boueux, baignant dans un environnement dégradé, Augustenborg accueille à la fin des années 90, dans ses 1600 logements, une population qui a plongé dans la précarité. En 1998, on recense 68% de chômeurs, 75% d’allocataires d’aides sociales, 65% de population immigrée, originaire des Balkans ou d’Europe de l’Est.

Gérer l’eau de pluie

La ville de Malmö inscrira la rénovation d’Augustenborg dans le cadre de son agenda 21 à l’aube des années 2000. A l’époque, il s’agit d’un des plus importants projets de rénovation urbaine écologique et durable en Suède. Les travaux commencent par la gestion des eaux pour éviter que la cour de l’école, construite en 1956, ne se transforme les jours de pluie en pataugeoire, que l’eau ne ruisselle dans les rues et inonde caves, garages et même les habitations. L’objectif ? Auto-épurer sur le site 70% des eaux de pluie. Pour y parvenir, à la mode nordique, on invite les habitants à réfléchir aux solutions à trouver.

Parmi les idées, celle de construire 3000 mètres de canaux pour acheminer l’eau de pluie vers des étangs, des bassins ou des zones prévues pour être temporairement inondées. Ou encore la création de 9000 m2 de toitures végétalisées. De l’herbe et des plantes sur les toits avec vue panoramique sur le reste du quartier. Non seulement le principe, qui depuis les années 70 sévit de l’Allemagne à la Scandinavie, permet de réduire les charges, de générer une sorte de micro-climat, d’isoler les bâtiments du bruit, du chaud comme du froid mais en plus, il apporte une belle touche de verdure, de nature et d’optimisme à un quartier qui commençait à sérieusement en manquer.

Jardinage sur les toits

Sur les différentes toitures à orientation et inclinaison multiples (dont une partie est à vocation expérimentale) les travaux commencent par l’installation d’un tapis isolant, lui même recouvert d’une couche de drainage faite de débris de tuile (recyclage oblige). Comme dans une jardinière, une couche de terre recouvre le tout (de 2 à 5 cm pour les toits de mousse et de sedum, et de 7 à 15 cm pour les toits en herbe). Ensuite, selon les toitures, un tapis préfabriqué de mousse et de sédum est posé ou l’on plante directement en terre différentes espèces, tantôt aromatiques, tantôt arbustives.

Le 25 mai 2001, l’installation paysagère est inaugurée en grande pompe. Elus, botanistes, et habitants découvrent alors un vrai jardin sur les toits. Depuis, un centre d’information et de séminaires a été construit dans l’un des bâtiments du quartier. On peut venir y découvrir les méthodes utilisées, comparer les divers matériaux, s’informer des coûts et des solutions techniques, se féliciter des résultats en termes de biodiversité. Des passerelles le long des toits offrent aux visiteurs la possibilité d’apprécier in situ la réalisation.

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